A la découverte du Club de SABRE 31 !
SPORT31 est parti à la rencontre de Fabrice GINOCCHIO, l’entraineur du Club de SABRE 31. Ancien capitaine de l’équipe de France de Sabre de 1998 à 2006, et président de la commission Sabre en Midi Pyrénées, il nous présente son sport et son jeune club aux résultats et aux palmarès déjà très prometteurs. (par Kdp)
Président, pour les non-initiés, peut-on commencer à pratiquer l’escrime à tout âge? L’idéal est de commencer vers sept ans. Cela dit, à quelques exceptions près, j’ai pris au sein du club des enfants qui avaient entre cinq ans et demi et six ans. Lorsqu’ils ont moins de six ans, il est difficile pour eux de rester concentré entre une heure et une heure trente. Ils ne font pas très attention à ce que l’on dit. Il est donc très important de leur montrer une gestuelle très précise. Pour que cela fonctionne l’enfant doit s’amuser. Actuellement, on a un petit qui n’a même pas 5 ans, qui m’a menti sur son âge, pour faire de l’escrime ! On l’a gardé et cela se passe très bien. C’est devenu notre petite mascotte(rires) Parlez nous des différentes disciplines de l’escrime. L’escrime regroupe 3 armes : l’épée, le fleuret et le sabre. En épée et en fleuret, on ne peut toucher qu’avec la pointe. Au sabre, on touche avec la pointe et le tranchant, comme dans Zorro ou Star Wars. Pour information, la piste, les déplacements sont communs aux trois armes, mais les règles sont légèrement différentes. Un escrimeur commence avec une arme et termine sa carrière avec la même, car il est très difficile, voire impossible d’être performant dans plusieurs armes. Pour cette raison, les clubs sont généralement spécialisés sur une arme en particulier, comme pour les entraineurs même s’ils connaissent bien l’ensemble des armes de l’escrime. Inutile de vous préciser quelle arme nous pratiquons à…SABRE31 ! Justement, parlez-nous plus en détail du sabre Le sabre, historiquement, est une activité qui se pratiquait à cheval. La surface de touche est tout ce qui se passe au dessus de la ceinture. C’est une activité assez explosive, où les lancements d’action sont très intenses et très rapides. Cela reste une activité ludique, les enfants accrochent très rapidement. Les assauts sont très rapides aussi En sabre cela va très vite oui. Le temps de déclenchement de l’action est très rapide, et la touche elle-même ne dure que deux à cinq secondes. L’observation et l’analyse doivent donc l’être également. La piste de combat mesure quatorze mètres et les escrimeurs (les tireurs) sont à quatre mètres l’un de l’autre avec un arbitre qui gère le match. Il décrit aux tireurs ce qu’il a vu et attribue les points en fonction de règles précises. Si les deux tireurs touchent en même temps ou presque, priorité à celui qui aura attaqué en premier. Il y a donc l’apparition d’un attaquant et d’un défenseur, avec des changements de rôles comme au football si nous devons faire une comparaison. L’équipe qui a la balle attaque, celle qui défend cherche à la récupérer, puis devient attaquante, et nous avons ce changement de rôles jusqu’à ce qu’au but. Au sabre c’est la même chose jusqu’à ce qu’il y ait une touche !On cherche donc à prendre l’initiative, faire échouer l’attaque de l’autre et prendre l’avantage du point. On retrouve cela dans les autres armes mais avec des temps d’attente plus important au fleuret et à l’épée.
Cela reste du sport et du plaisir...
Et pour la durée moyenne d’un match ? Le match se joue en cinq points gagnants (quatre touches Chez les plus petits), pour les poules. Durant les phases finales (tableau d’élimination directe), les rencontres se tirent en quinze touches gagnantes pour les grands, et huit touches pour les petits. Parlons du club maintenant, comment est né Sabre 31 ? A l’origine, j’ai commencé l’escrime en région parisienne. Puis je suis parti au pole espoir de Tarbes en 1986. J’ai continué mes études à Toulouse et je me suis retrouvé avec des anciens du sport étude. On s’entrainait dans un club qui ne faisait pas de sabre. Pour rendre service j’ai passé des diplômes d’entraineur. J’ai commencé à structurer les créneaux d’entrainement et j’ai entrainé en 1996 au CUC qui était un club de fleuret et d’épée. Puis j’ai enchainé au club de Ramonville. Ce dernier proposait une pratique aux 3 armes, ce qui posait des problèmes de compétitivité, comme je vous l’ai expliqué plus haut. L’année dernière, nous avons décidé de créer notre propre club dédié au sabre avec des parents de tireurs. Ce fut une période assez complexe mais intéressante. Du jour au lendemain, il a fallu se débrouiller pour tout mettre en place. On a réussi et on a créé le club Sabre 31 ! Vous vous êtes donc adaptés au niveau des entrainements ? Des anciens sportifs de haut niveau nous ont rejoint pour nous donner un coup de main. Notamment, Cécile Argiolas ancienne championne du monde de sabre. Elle vient de Pamiers donner un cours le vendredi. Je m’occupe du lundi et du mercredi. Le jeudi, je donne des cours particulier à Charlotte dans le cadre du plan Haut niveau de polytechnique. Ensuite, c’est 27 week-ends de compétition (!) par an toutes catégories confondues étalées de Septembre à Juin. C’est intense... Plutôt oui (rires) ! On est en train de se structurer pour qu’il y ait un relais. J’ai un groupe très intéressant, performant, attachant. Cela me motive énormément. On a crée ce club très rapidement, pour éviter de pénaliser nos jeunes au vu du calendrier. En effet, si on loupe les compétitions en septembre, octobre, on ne peut pas prétendre participer aux coupes du mondes ou au championnat du monde. Les calendriers sont fixés sur le bac, les saisons sont très courtes, et dès avril, il y a les championnats du monde cadets et juniors. C’est vraiment très dur. Une blessure et votre saison est finie.. Mes athlètes ont la tête bien faite, et cela reste du sport et du plaisir.
La présence de champions, un gros plus pour nous !
Le fonctionnement du club est donc rôdé ? Le club a été créé à l’initiative de parents. Nous avons difficilement accepté le fait de ne pouvoir recevoir des subventions les deux premières années. Les parents ont vraiment été supers, ils nous ont aidé à trouver des financements pour pouvoir monter un club de sabre digne de ce nom sur Toulouse. Quant aux adhésions, nos prix sont comparables à ceux d’autres pratiques sportives comme le foot ou le rugby pour trois séances par semaines. Nous proposons aussi des tarifs attractifs pour nos plus anciens notamment Damien et Gaël Touya (Tous deux anciens champions du Monde et Champions olympiques de sabre en 2004), et la gratuité pour les dirigeants. Cela a permis au club de bien démarrer. La présence de ces champions est un gros plus pour nous. Et vous à titre personnel, vous êtes très présent. Oui, je cumule mon travail d’architecte à plus de 60 heures par semaine et l’escrime. Vous êtes heureux, en tout cas vous avez le sourire ! (Sourire) Bien sur, j’ai la chance d’aimer ce que je fais, que ce soit mon travail ou l’escrime. J’aime voir les jeunes travailler, progresser. Ils m’apportent énormément. J’ai la satisfaction d’avoir des gosses qui sont chouettes, qui font des études, et qui travaillent à l’entrainement et ont des résultats. Depuis quinze ans, j’ai des athlètes qui étaient en équipe de France. C’est vraiment un pur bonheur. Ce sont des échanges humains qui sont vraiment intéressants. C’est toutefois un boulot où tu n’as pas trop de reconnaissance. Ils ne disent pas forcément merci. C’est un sport individuel, c’est dur. Parfois tu as droit à un sourire. Même si je ne cours pas après ça, ça fait toujours plaisir. Au niveau sportif, quels sont les résultats du club? Charlotte Suchet, en cadette, était dans les cinq ou six meilleures françaises. En première année junior (qui compte trois ans), elle était dans les huit meilleures françaises. Elle a déjà gagné des compétitions nationales, participé à des coupes du monde. C’est une espoir de notre club. Et cela fait dix ans que je la suis. On a aussi Clément, un minime, qui fait cinquième au championnat de France individuel, qui gagne par équipe les championnats de France avec l’équipe de Midi Pyrénées. On les gagne depuis cinq ou six ans. Chez les petits, on a deux filles en benjamines qui font troisièmes et une autre qui fait cinquième. On place 3 filles dans les huit de notre club. Ce qu’il faut noter, c’est que six filles sur huit sont de notre région. Et il y avait cent quarante filles en compétition ! Belle performance ! Oui, belle performance. Même si en équipe, on s’est mis trop de pression et on ne termine que troisième. La région arrive quand même à placer 3 équipes aux trois premières places. Tarbes gagne devant le Marquisat et Nous. Ensuite j’ai deux petites poussines qui sont fortes, qui gagnent tout au niveau régional, un poussin qui tourne bien. On a vraiment une ligue très forte. Gagner les ligues signifie quelque chose. Au vu des résultats de toutes les catégories au championnat de France, une victoire au championnat ligue vous situe dans le haut de tableau au championnat de France. Au niveau de la ligue en sabre, on s’entend tous très bien et on essaie de faire progresser nos athlètes ensemble.
Augmenter notre effectif !
L’escrime vous permet de vivre des moments forts. Oui, à titre d’exemple, l’an dernier lorsque Clément gagne les championnats de France par équipe, cela faisait plusieurs années que les finales opposées Aquitaine à Midi Pyrénées. Tous les petits sont très copains, s’entrainent ensemble. Et lors de la compétition par équipe, ils se sont échauffés ensemble. Ils se sont retrouvés en finale, nous ont proposé un spectacle extraordinaire, et nous avons gagné. A la fin tous les jeunes se sont serrés dans les bras. Ils ont attendu deux heures avant de monter sur le podium. Nous, les entraineurs, avons halluciné. On pratique ce sport pour vivre ces émotions. C’était vraiment grandiose. Cela nous a vraiment mis les larmes aux yeux et donner l’envie de continuer à travailler avec ces jeunes. Que souhaitez-vous améliorer ou changer dans l’avenir ? Notre objectif est d’augmenter notre effectif, mais aussi de renouveler nos petits. De conserver une structure humaine en s’appuyant sur nos plus anciens. Cécile Argiolas qui intervient déjà, mais aussi Gael et Damien Touya, qui s’investissent auprès du club. Vous imaginez à quel point c’est vraiment positif. Notre but est de pouvoir subvenir à nos besoins, pour cela, on a besoin de partenaires car notre sport est cher, surtout en déplacement. On se déplace dans toute le France. On se rend par exemple en cadet à Troyes, Tours, Grenoble ; en Junior à Dijon, Paris, Bourges. On fait plus de 20 000 km par an. Je souhaite garder nos dirigeants qui remplissent bien leurs missions et je tiens vraiment à les remercier car sans eux le club ne pourrait fonctionner. Par K.D.P
Le Club de Sabre 31 : Date de création du Club : 2010 Horaires d’entrainement : - Lundi : 19h-22h00
- Mercredi :18h30-22h00
- Vendredi : 19h30-21h30
Nombre de licence Fédération Française Escrime : 56 000 licenciés Nombre de Licence Midi Pyrénées : 1750 licenciés Nombre de licenciés SABRE 31 : En 2010 : 40 En 2011 : 45 Tarif Licences : 190€ (licence +adhésion +cours) Partenaires du club : - Intermarché Ramonville
- Huerta Catalana
- Eurl Naya
- Aluleze
- Thierry Jara
- TSO
Pour aller sur le site Internet... Date importante : Tournoi Mathieu ARILLA le samedi 10 Mars 2012 Qu’est ce qu’un capitaine de l’équipe de France ? Un capitaine s’occupe des sélections avec l’entraineur, organise la logistique autour des déplacements de l’équipe de France, coache et débriefe durant les compétitions. Il échange avec l’ensemble des tireurs et explique le choix des tireurs sélectionnés.
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