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Anne-Sophie BARTHET : "C'est très généreux de la part du TFC" (Courchevel, ski)A 22 ans, Anne-Sophie Barthet fait partie des grands espoirs du ski féminin français. Originaire de Toulouse, elle évolue désormais au sein du prestigieux club de Courchevel. Revenue après une grave blessure, elle a trouvé en ce début de saison un partenaire pour le moins atypique... le Toulouse Football Club ! Un cap de plus franchi pour la jeune toulousaine. L'occasion pour Sport31.fr de lui poser quelques questions. Rencontre avec une fille sympathique pour un entretien vérité. (par Sébastien Zanato)
Anne-Sophie. Vous êtes désormais en partenariat avec le Toulouse FC. Pouvez-vous nous raconter comment cela s'est réalisé ?
J'ai contacté Mr Sadran qui a une politique sportive très saine, il a donc établi assez rapidement un partenariat entre le TFC et moi-même. En quoi consiste concrètement ce partenariat ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ? Au-delà d'un soutien financier qui n'est pas négligeable pour une skieuse, je vois ce partenariat comme une possibilité d'accroître ma communication dans un univers autre que celui du ski alpin. C'est également mon premier contrat avec un partenaire toulousain, il concrétise mon attache à ma ville d'origine. Au-delà de ces deux points, le partenariat avec le TFC va me permettre d'améliorer ma culture footballistique jusque là très faible. En effet, les autres sports ont tendance à beaucoup critiquer ce milieu par jalousie, souvent mais aussi parce qu'il nous semble que les relations humaines, capitales et très développées dans le monde sportif, s'annihilent par le biais de sommes d'argent extravagantes qui y circulent. Mr Sadran et le TFC m'ont prouvé que j'avais tort et que les clubs de foot, du moins le TFC, n'avaient pas perdu la valeur du jeu, et des sacrifices que font tous les sportifs en général. C'est très généreux de la part du TFC de s'ouvrir et d'aider financièrement des sportifs et donc des sports qui souffrent d'une médiatisation moindre. Vous suiviez le TFC avant ? Plus jeunes vous étiez plutôt foot ou rugby ? Pour être honnête (et puisque je viens de tout révéler dans la question précédente !), je ne connais pas grand chose au foot, en partie parce qu'il y a trop de championnats... Alors, bien sûr, je suis la Coupe du monde, qui n'a d'ailleurs fait que renforcer l'image négative du foot que j'avais jusqu'à présent, mais j'ai du mal à établir un classement précis des clubs de foot. Un club est nul en Ligue 1 mais très bon en Ligue des Champions ! La presse française s'intéresse même aux championnats nationaux étrangers. Bref, j'ai du mal à évaluer l'enjeu d'un match lorsque j'en vois un, et sans enjeu, le match et le sport en lui-même perdent un peu de leur saveur. Mais ceci n'est que mon point de vue. Je m'excuse déjà auprès des fans de foot (rires). Et puis maintenant je vais suivre les résultats du TFC alors je vais peut-être me découvrir une nouvelle passion. J'ai déjà fait le coup d'envoi du match TFC-Lens samedi soir et alors que la presse a fustigé le match en trouvant que le jeu avait été trop lent, moi j'ai trouvé cela impressionnant. "Les JO de Turin ? Ce fut un cauchemar !"
A 22 ans vous avez déjà un beau vécu. A 17 ans vous étiez la plus jeune skieuse à participer aux JO de Turin en 2006. Peut-on considéré que vous étiez en avance pour votre âge ?
J'étais en avance, c'est sûr...Le fait est que je ne posais pas de question et que je savais que j'étais très forte, c'est ce point là que ma blessure a affecté en grande partie. J'ai un vécu, mais je n'ai pas encore gagné, mais il deviendra beau lorsque j'aurais gagné une Coupe du Monde. A ce moment là je sais que je pourrai devenir imbattable, mais pour le moment je n'en suis pas là, car le plus dur c'est de gagner la première. Après cela, effectivement, je pourrai dire que j'ai un « beau » vécu! Des JO à 17 ans, la classe non ? Ce fut un cauchemar ! Le groupe n'était pas dans une bonne dynamique, le staff savait qu'il était sur la sellette. J'ai vraiment ressenti de la pression de partout là-bas, les marques, la presse, les coachs. Déjà, et je sais que cela peut paraître hallucinant maintenant que j'ai mûri, mais je ne voulais pas y aller car je ne comprenais pas à quoi cela servait d'aller aux JO alors que je savais déjà que je n'allais pas pouvoir gagner de médaille. Evidemment cela me paraît débile de penser cela maintenant que j'ai pu expérimenter une deuxième olympiade mais c'était mon état d'esprit de l'époque. Il y a eu l'effet inverse l'hiver dernier à Vancouver. Je skiais vite et j'avais de grosses ambitions, mais le mental m'a fait faux bond et je me suis liquéfier au départ. En revanche, je savais pourquoi j'étais là et l'ambiance était très bonne, j'ai donc pu profiter de cette expérience, même si j'avoue que j’étais beaucoup moins bien après la course catastrophique que j'avais faite. "J'ai passé un mois alité, subi trois opérations, deux mois en chaise roulante et huit mois en centre de rééducation lors de ma dernière chute en descente."
Dans les locaux du TFC pour la signature du partenariat avec Olivier Sadran.
Vous êtes originaire de Toulouse. Comment vous est venue cette passion pour le ski ?
J'ai attaqué le ski en vacances, au jardin des neiges comme tout bon citadin ! Nous allions dans les Alpes du sud, à Orcieres Merlette où il y avait un appartement familial. Puis mes parents ont «découvert» qu'il existait un domaine skiable beaucoup moins loin et à des prix défiants toutes concurrences qui s'appelait les Pyrénées (rires) ! J'ai donc évolué par la suite au ski club de Peyragudes. Je skiais le week-end et ma maman faisait l'aller-retour le mercredi après-midi pour assister aux entraînements du club. Ecole, sandwich, devoir, et tenue de ski dans la voiture, séance d'entraînement et rebelote le soir. Je ne la remercierai jamais assez ! Je suis partie à 14 ans au pôle France dans les Alpes, et je me suis inscrite au club de Courchevel qui est le meilleur club de France de ski alpin. Mais je n'explique toujours pas pourquoi j'ai choisi le ski. J'avais le choix entre le golf , le tennis, la natation ou le patinage mais je crois que c'est en ski que je pensais pouvoir y arriver. Quand avez-vous décidé que vous en feriez votre métier ? Quelles ont été les embuches pour y arriver ? Oula, des embûches ? Comme le fait d'être toulousaine ? D'arriver dans les Alpes à 14 ans dans le monde hostile des adolescents savoyards du lycée ? D'apprendre vite à s'organiser pour les déplacements ? De s'adapter aux nouvelles techniques de coaching largement plus sévères que dans les Pyrénées ? Non, plus sérieusement, cela n'a pas été facile les deux premières années mais j'ai connu des personnes qui m'ont tout de suite adopté et m'ont offert un soutien sans faille. J'ai également très vite fait la connaissance de mes futures meilleures amies qui m'ont beaucoup aidé à m'intégrer. Ces personnes là me sont très chères, et je leur suis éternellement redevable. Je ne sais pas vraiment quand est ce que j'ai décidé que ce serait mon métier... peut-être à ma première Coupe du monde. J'ai réalisé que la première partie du chemin avait été effectuée, mais la deuxième partie est beaucoup plus difficile que prévu ! (rires) Super combiné, slalom, géant… quelle est la catégorie que vous appréciez le plus et pourquoi ? J'aime tout ! Mais j'avoue qu'un crash en descente a souvent des répercussions beaucoup plus graves qu'en slalom. J'ai passé un mois alité, subi trois opérations, deux mois en chaise roulante et huit mois en centre de rééducation lors de ma dernière chute en descente. Je pense que pour cette année, je vais préserver mon capital santé et m'en tenir au disciplines techniques...!! "Maintenant je vais faire ce que je sais faire de mieux : la blonde et le boulet. J'agis et ensuite je réfléchirai (rires) !
30ème l’an dernier en slalom, 32ème en géant, vous souhaitez franchir une étape cette année…
Ce serait bien de prendre les 30, cela m'éviterait de partir 50 avec une piste défoncée. Après ce « cap » passé, je pense que ça déroulera jusqu'à la victoire ! La saison va bientôt débuter, comment l’appréhendez-vous ? J'ai des douleurs au dos alors je ne pense pas tout casser en début de saison, mais avec de la rééducation et moins de sollicitations physiques, je pense que les choses sérieuses commenceront aux US, à Aspen. J'en ai marre d'appréhender. J'ai fait ça tout l'année dernière, et j'ai été mauvaise... surtout aux JO. Alors maintenant je vais faire ce que je sais faire de mieux: la blonde et le boulet, j'agis et ensuite je réfléchirai (rires) ! Que vous manque t-il pour titiller les meilleures mondiales ? La confiance en moi perdue pendant ma blessure, l'envie de bouffer les autres. Mais je pense que cela reviendra vite avec un résultat. Sotchi c’est dans 3 ans. D’ici là comment voyez-vous l’évolution de votre carrière ? Je vous dirai cela en fin de saison ! propos recueillis par S.Z. Pour consulter son site officiel Mardi 2 Novembre 2010
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