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Sport31
Claude ONESTA : "L'équipe de France m'a fait changer mes plans" (1/2, Toulouse, handball)Suite de notre 'tournée' des parrains de Sport31.fr avec aujourd'hui sans doute le plus emblématique; Claude Onesta. Celui qui a découvert le handball par hasard est devenu aujourd'hui le sléectionneur national le plus titré en France, tous sports confondus. Pendant 45 minutes, nous avons retracé avec lui toute sa vie handballistique, de ses déuts de joueur à sa prise de fonction chez les Bleus. Première partie aujourd'hui. Rencontre avec un homme aussi sympathique que talentueux. (par Sébastien Zanato)
Claude, nous allons revenir dans un premier temps sur votre enfance. Onesta est un nom d’origine italienne, c’est bien cela ?
Oui, c’est un nom d’origine italienne. Mon père est né en Italie. Mes grands-parents et lui son arrivés en France quand Mussolini a accédé au pouvoir et se sont installés dans la région albigeoise. Comment êtes-vous arrivé au handball ? Par hasard. J’étais plutôt centré sur le rugby comme tout gamin qui nait à Toulouse et qui grandit dans cette ambiance. J’y ai commencé à jouer dans le club du quartier, au CEAT (Centre d’Essai Aéronautique Toulousain). Vers La Roseraie et Jolimont il y avait une usine qui est maintenant entre Auchan et Balma et un grand club omnisports. Je suis allé jouer au rugby là bas et c’était un vrai bordel ! Il se trouve que j’avais plein de copains qui jouaient à la section handball qui avait déjà son équipe première en D1 à l’époque. C’était bien plus structuré, organisé. L’entraineur était le prof de gym du collège de Jolimont et celui du lycée Raymond-Naves. Comme j’étudiais là, j’ai naturellement était attiré à la fois par les copains et les profs de gym. Et je n’y suis jamais reparti... Vous avez de suite accroché ? Oui bien sûr puisque j’étais avec les copains ! Vous avez donc fait toute votre carrière d’handballeur à Toulouse ? Tout à fait ; jusqu’à l’âge de trente ans où j’ai mis un terme à ma carrière pour devenir entraineur. Quel souvenir gardez-vous de votre carrière de joueur ? Des souvenirs très agréables. Beaucoup de copains. On alternait en fonction des saisons entre la première et deuxième division même si on était plus souvent en première qu’en seconde quand même ! Ensuite l’argent est arrivé dans le handball, ce qui nous a posé des problèmes parce que nous n’en avions pas. Le professionnalisme s’est mis en place progressivement. Après quelques années en D2, le club est remonté en 1995. J’ai eu une carrière intéressante mais à une époque où le sport était plus un vecteur de plaisir, où rien n’était dirigé par l’argent. On s’entrainaît deux à trois fois par semaine alors qu’on jouait en D1. C’était un autre temps du sport. "Je me suis toujours positionné comme entraineur."
Un autre monde en comparaison avec aujourd’hui !
Oui, car maintenant l’argent est là, les joueurs sont mieux payés, ils sont complètement professionnels. Cette structure là je ne l’ai pas vraiment connue… J’étais entraineur de 1987 à 2001, date à laquelle on m’a demandé d’aller m’occuper de l’équipe de France. Comment vous êtes-vous dirigé vers ce rôle d’entraineur ? C’était une envie que vous aviez depuis un moment ou, là aussi, est-ce venu par hasard ? Oui et non. A l’époque nous étions des sportifs amateurs. Parallèlement à ça j’ai suivi des études pour devenir enseignant d’EPS. Je ne suis pas resté longtemps à enseigner car je m’y suis senti à l’étroit dans le secteur scolaire. J’ai enseigné pendant six ans et ensuite je suis parti vers la Jeunesse et les Sports où je suis passé conseiller technique régional (CTR) de Midi-Pyrénées pendant seize ans. J’avais en charge toutes les problématiques d’entrainement, de formation de joueurs, d’entraineurs, de dirigeants… Former et m’occuper du jeu était donc dans ma nature profonde. Parallèlement, j’étais entraîneur des équipes de jeunes au club, de l’équipe régionale. C’était donc chez moi quelque chose de très précoce. Je me suis toujours positionné comme entraineur. C’est une suite logique ! Oui. Même quand je jouais encore je faisais déjà partie du staff technique. J’étais donc déjà dans la réflexion des entrainements, du jeu. C’est donc dans la logique. Ce qui l’était moins c’est d’être appelé pour diriger l’équipe de France. Mais à partir du moment où cela s’est présenté j’ai bien évidemment changé mes plans. C’est une affaire qui marche vu que ça fait maintenant neuf ans que j’y suis ! "La fin des années 90 était une période assez exceptionnelle à Toulouse..."
Quand vous étiez entraineur du THB il y a eu une belle période à la fin des années 90 avec une victoire en Coupe de France et une demi-finale en Coupe d’Europe. Pouvez-vous revenir sur ces moments ?
Je crois que c’est la période durant laquelle le club a été le plus performant. On était à la charnière d’une époque où le professionnalisme était en train de s’organiser. De toute évidence nous avions identifié, de notre côté, que nous n’avions pas de grands moyens et que l’on ne pouvait donc pas faire la course poursuite vers les joueurs confirmés. On s’était donc décidé à intervenir auprès des jeunes joueurs qui arrivaient des sports-études et étaient de plus en plus prolifiques et performants. C’est cette arrivée de joueurs qui a généré les futurs résultats de l’équipe de France. On a commencé à produire en nombre des joueurs de qualité qui ont eu l’opportunité d’avoir du temps de jeu en compétition. A l’époque, j’étais entraineur de l’équipe de France espoir et j’en ai donc fait venir à Toulouse des joueurs comme Plantin et bien d’autres. Puis, rapidement, il y a eu une deuxième vague avec les Kempé ou Fernandez qui sont maintenant sur leur fin de carrière. On avait construit une équipe sur des jeunes joueurs talentueux et cela a fonctionné. C’était une période assez exceptionnelle où en plus d’être efficace, personne ne pouvait nous arrêter. Ce qui peut donc expliquer également pourquoi le club est en difficulté depuis quelques saisons ? Effectivement, avec un projet qui a du mal à se re-dynamiser, un groupe de joueurs qui manque d’énergie et un peu terne qui s’est éteint progressivement, un manque de caractère peut-être ou alors un caractère mal employé. Il n’est pas normal de voir un gars qui a joué chez nous, nous poser des problèmes quand on le rencontre en championnat. Ce qui veut dire aussi que durant une période, il n’était pas facile de vivre et de réussir dans le groupe toulousain. C’est une période compliquée dont on est en train de sortir. Il y a aujourd’hui un projet bien ficelé pour redonner un peu de brillance à tout cela. Et une fois encore je pense que le club va s’appuyer sur la formation. Il y a déjà de bons jeunes joueurs qui sont présents et qu’il faut entourer de joueurs expérimentés capables de tenir les responsabilités des performances pour permettre à ces jeunes de bien grandir. propos recueillis par S.Z. La suite la semaine prochaine avec notamment son parcours avec l’équipe de France Vendredi 24 Septembre 2010
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