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Handball - Jérôme FERNANDEZ : "Je suis là pour que le THB devienne un grand club français !" (2/2)


Dans la seconde partie de l'interview exclusive qu'il nous a accordée, la nouvelle recrue du Toulouse Handball promet de belles futures saisons. Jérôme Fernandez revient sur ses meilleurs et pires moments mais aussi sur son amour pour Toulouse... (par Charline Six)



Fernandez lors du match Toulouse - Tremblay...
Fernandez lors du match Toulouse - Tremblay...
Jérôme, comment ressens-tu le fait de passer d’une des meilleures équipes du monde dans l’un des meilleurs championnats du monde, à Toulouse qui est actuellement dans le bas de tableau du championnat de France ?
C’est un choix personnel mais aussi un choix de fin de carrière. Après 12 ans au top niveau, car j’estime que Montpellier faisait déjà partie du top niveau européen, et 12 ans dans les meilleurs clubs européens, j’avais envie de faire autre chose qu’un choix uniquement sportif. J’avais envie de m’installer durablement à un endroit, de faire profiter de mon expérience à un club français et pour moi, la logique c’était Toulouse. C’est le club qui m’a lancé et c’était le seul club, hors grand club européen, que j’ai connu. Donc pour moi c’était logique de rendre à ce club ce qu’il m’avait permis de faire à la fin des années 90. C’est une façon de boucler la boucle. Par contre je n’arrive pas ici pour finir ma carrière et derrière être tranquille. J’ai vraiment envie que Toulouse revienne se battre, comme en 97, 98, pratiquement pour le titre, c’est à dire être dans les 3 premiers. Peut-être que d’ici 2 à 3 ans on pourra goûter à la Ligue des Champions comme le font Chambéry et Montpellier depuis quelques années. Après on essayera d’avancer mais je pense que d’ici là je ne serai peut-être plus sur les terrains. J’ai d’autres choses à apporter. J’ai mon réseau, j’ai la confiance de beaucoup de joueurs qui ont joué à mes côtés, notamment des jeunes qui connaissent mon état d’esprit et qui ont envie de me suivre. D’ailleurs, il y a un joueur qui va venir à Toulouse la saison prochaine et qui vient parce qu’il a joué avec moi et qu’il a envie de revenir jouer à mes côtés. Je vais essayer de me servir de tout ça pour que Toulouse grandisse et devienne un grand club français au même titre que Chambéry ou Dunkerque.

Comment ça se passe dans les vestiaires sachant que tu es devenu l’emblème du THB dans les médias?
Il y a beaucoup de respect car de nombreux joueurs n’ont pas encore connu l’équipe de France. Le fait que le capitaine de l’équipe de France arrive avec tout ce que j’ai gagné et vécu, ce n’est pas facile à gérer. J’ai connu ça quand j’avais leur âge et que je jouais aux côtés de Jackson et Stoecklin. Je sais que ce n’est pas toujours facile et j’essaye de les mettre à l’aise. Certes on n’est pas de la même génération, donc on n’a pas les mêmes hobbys et délires même si je suis quand même resté un peu jeune et que j’ai envie de profiter d’eux. On peut déconner et se livrer, je suis un joueur parmi les autres et au contraire je préfère qu’on échange et qu’on avance ensemble parce que peut-être qu’un jour je serai amené à diriger l’équipe ou à faire en sorte que le club devienne un grand club. Donc je compterai sur eux. Ce que je veux c’est qu’ils comprennent que je suis là pour les aider, pas pour m’accaparer la lumière. Je souhaite que l’équipe devienne une grande équipe et que du coup ça profite à toutes les individualités.

Comment appréhendes-tu le match de jeudi face à Dunkerque ?
Très sincèrement il y avait beaucoup de pression sur les deux premiers matchs, notamment à Dijon. C’était des gros matchs, presque des finales, car si on perdait, on était vraiment mal. Maintenant qu’on a assuré le principal, c’est à dire le maintien et qu’entre guillemets on est sûr de repartir tous ensemble l’année prochaine, il faut qu’on prenne du plaisir et qu’on se lâche. Exactement comme on a su le faire contre Tremblay même si c’était un match assez important. Là on ne joue rien, mis à part le fait de garder la 8ème place qui est quand même sympathique. Au vu de la saison, les garçons sont déjà rassurés de continuer l'aventure la saison prochaine. C’est déjà acquis, maintenant il faut qu’ils prennent du plaisir et qu’ils se lâchent. Il faut qu’on fasse un beau match contre une très belle équipe avec de beaux joueurs. Je pense que la faculté de Toulouse cette année, c’est de se mettre au niveau des équipes contre qui elle joue. Si on est capable de se mettre au niveau de Dunkerque, ça sera déjà un beau spectacle.

Par rapport à la ville de Toulouse, es-tu content de revenir ici ?
Ah, je suis ravi ! Je suis tombé amoureux de cette ville il y a maintenant 14 ans. Étant originaire de Bordeaux, j’ai complètement craqué sur la ville mais aussi sur les Toulousains et leur état d’esprit, le fait que les gens soient très tolérants. C’est une ville très hispanique dans sa manière de vivre où les gens aiment sortir, vivre dehors, aller boire l’apéro... Ils profitent de la vie. J’avais envie de faire découvrir ça à ma femme et que mon fils grandisse dans une ville comme celle ci. Maintenant c’est chose faite et on va essayer de rester ici.

“Mon premier et mon dernier titre avec ce club..."

Handball - Jérôme FERNANDEZ : "Je suis là pour que le THB devienne un grand club français !" (2/2)
Quel est ton meilleur souvenir parmi toutes ces récompenses ?
Bizarrement c’est la coupe de France que j’ai gagnée ici (à Toulouse) ! Parce que c’est le premier gros titre que j’ai gagné, même si on ne peut pas comparer une coupe de France à un titre mondial ou olympique mais ça reste quand même un grand titre national. A l’époque, je venais de Bordeaux où je faisais des allers retours entre l’équipe une, qui était en première division, et la Nationale 2. Donc je n’étais pas vraiment conscient des possibilités que j’avais. La première année, je tombe dans un groupe exceptionnel avec un état d’esprit génial, un mélange de jeunes et de joueurs expérimentés qui avaient envie de gagner des choses et de continuer à faire leurs preuves, notamment Stéphane Plantin. On a vécu une saison vraiment exceptionnelle. A domicile on fait match nul contre Chambéry, on finit 3ème du championnat, on va gagner à Montpellier, on gagne la coupe contre Montpellier qui était grand favori, comme toutes les saisons pratiquement depuis 15 ans. Donc pour nous c’était presque un rêve et personnellement, c’était pour moi l’année de toutes les premières : première sélection en équipe de France, premier grand titre avec Toulouse et en plus on termine troisième donc on est européen et on fait la coupe des coupes l’année suivante. Ça s’est un peu compliqué l’année suivante, parce que les équipes nous attendaient au tournant. A chaque fois qu’on se déplaçait, c'était l’enfer et on n’a pas réussi à confirmer. Après je suis parti d’ici en étant heureux d’aller à Montpellier, car c'était l'occasion pour moi de continuer à progresser. Mais quelque part ça me dérangeait de laisser ce club qui m’avait tant apporté sans avoir pu rester plus longtemps. Je m’étais toujours dit qu’un jour je reviendrais ici et que ça serait bien de gagner mon premier et dernier titre avec ce club. Donc j’espère qu’on y parviendra.

Quel fût le pire moment, durant ton parcours en équipe de France ?
J’ai réussi à crever l’abcès comme on dit lors des JO de 2004. On commençait à devenir une nation très, très forte à l’époque et on avait de grosses ambitions pour ces Jeux. On a fait une première partie presque parfaite, on était premier de la poule et on avait battu tout le monde. On s’est retrouvé en quart contre les Russes qui étaient en difficulté et on s’est dit que si on arrivait à battre les Russes, derrière on avait 75% de chance d’avoir une médaille. C’était pour nous la possibilité de rejoindre les Barjots en quelque sorte. Malheureusement, on a d’abord pensé aux demi-finales avant de jouer les quarts. On s’est planté et ça a été la plus grosse désillusion de cette équipe, car on avait tout pour y arriver. On finit les Jeux en n'ayant perdu qu’un match, le seul qu’il ne fallait pas perdre. Les quatre années suivantes ont été très difficiles. Puis sont arrivés les Jeux de Pékin, c’était pour nous une façon de se délivrer du fardeau des anciens Jeux. On fait médaille d’or mais rien que le fait de retrouver les Russes en quart de finale et de pouvoir les battre c’était pour nous un moyen de revenir où on s’était arrêté quatre ans avant. C’était génial et personnellement je l’ai vécu comme un soulagement même si j’étais blessé. C’était encore plus dur parce que ça a rajouté de l'émotion à ces matchs là.

Etre blessé à ce moment là devait être difficile à vivre effectivement...
La fédération a réussi à faire en sorte que je reste au village et que je vive l’aventure avec l’équipe. J’ai essayé de me rendre le plus utile possible même si je ne pouvais pas jouer ni m’entrainer. Finalement ça a été la compétition la plus difficile pour moi car quand tu es dans les tribunes tu stresses cent fois plus que quand tu es sur le terrain. Ça s’est terminé en apothéose donc c’était encore plus fort.

propos recueillis par C.S.

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Jeudi 26 Mai 2011



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