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Serge BONAFÉ : "Le basket handisport est une vraie discipline !" (Toulouse Invalide Club, basket)


Le rendez-vous est pris par téléphone. Disponible, Serge Bonafé, président du Toulouse Invalide Club, a la voix calme et posée. Son club est vice-champion de France, finaliste de la coupe de France et demi-finaliste de la coupe d'Euroleague 2. Le tout en 2010. De quoi en faire pâlir plus d'un. La saison s'achève enfin, l'occasion de faire un point. Entretien. (par Sébastien Zanato)



Le Toulouse Invalide Club fait parti des meilleurs clubs français (photo TIC)
Le Toulouse Invalide Club fait parti des meilleurs clubs français (photo TIC)
Serge, ce week-end le TIC jouait en finale du championnat de France de première division et malheureusement cela s’est mal terminé avec le titre qui vous échappe au profit de Meaux !
Tout à fait. Sur le premier match on s’est incliné de cinq points (69-76). Il ne nous restait donc que le match d’appui pour espérer décrocher le titre puisque nous nous sommes imposés à Meaux à l’aller (66-57, ndlr). Il y avait donc une manche partout avant le match décisif du dimanche matin qu’il fallait à tout prix gagner pour être champion de France.

Sur quoi cela s’est joué face à la plus grosse équipe de France ?
Oui, Meaux est la plus grosse équipe de France. Elle nous a aussi battus en finale de coupe de France. C’est une très grosse équipe avec trois étrangers. Chaque fois, cela se joue à très peu. A Paris, cela avait très bien marché pour nous. A Toulouse, je crois qu’il aurait fallu moins de maladresse. Cet aspect là a été crucial et c’est ce qui a engendré cette défaite car sur le plan tactique nous étions bien en place. On a toujours été derrière au score. Il fallait donc toujours rattraper, remonter. A la mi-temps, nous étions revenus à un point mais le troisième quart-temps a été fatal.

Vous avez été champion de France pour la dernière fois en 2007. Quel souvenir gardez-vous ?
Un souvenir fabuleux. Après le titre de 2004, celui de 2007. C’est une période fabuleuse surtout que le championnat français est assez relevé…

Comment est-il par rapport à ce qui se fait en Europe ?
La grosse différence est qu’en Europe, pratiquement tous les clubs sont pros. Ils s’entrainent donc tous les jours. On le voit bien d’ailleurs en coupe d’Europe. En champions league cette année, il n’y avait pas un seul club français. De notre côté nous n’avons fait que la petite coupe d’Europe où Meaux c’est d’ailleurs imposé.

"Des exigences de pros pour un groupe totalement amateur"


Avec un statut d’amateur, j’imagine que vos joueurs sont régionaux. Comment vous organisez-vous pour les entraînements ?
Les joueurs sont effectivement de la région ou autour. Un vient de Carcassonne, un autre de Saint-Gaudens et enfin du Gers. Cela reste donc local. Il y a trois entrainements par semaine. Deux facultatifs mais en revanche celui de vendredi est obligatoire si on ne part pas en déplacement. Chaque entrainement dure entre deux heures et deux heures et demie. Avec les contraintes professionnelles des joueurs qui travaillent à coté, c’est difficile de faire plus.

Il y a donc des exigences de haut niveau qu’il faut cumuler avec les emplois de vos joueurs, ce qui rend la tache encore plus difficile.
Bien sûr. L’idéal serait de pouvoir trouver un compromis entre travail et club. Que les joueurs soient à mi-temps et que de notre côté, nous puissions compenser le reste pour pouvoir travailler sur des demi-journées.

Dans un futur proche, cela est-il envisageable ?
On espère y arriver dans les prochaines années. On a un prochain sur trois ans pour arriver à faire cela.

Serge Bonafé, un président passionné...
Serge Bonafé, un président passionné...
Votre équipe deux jouait également en finale contre Meaux. Comment cela s’est-il passé ?
Ils ont aussi perdu. De trois points seulement. Tout cela dans les trente dernières secondes. Cette année Meaux est notre épouvantail. Mais cela dure depuis des années.

"Ramener au moins un titre"

Meaux est-elle vraiment la locomotive du basket handisport français ?
Oui. Ils ont trois étrangers. Hyères aussi a un étranger. L’an dernier nous avions fait venir un américain mais on ne l’a pas gardé pour des raisons financières mais aussi car il n’a pas apporté ce que l’on espérait. Avec le groupe que l’on a constitué cela avait bien marché puisque nous avions fait les 18 matches de poule en étant invaincu. Tout allait bien. Mais depuis la Coupe d’Europe cela s’est dégradé.

A cause de la répétition des efforts ?
En partie oui. Nous avons trois joueurs en équipe de France qui sont sur la brèche depuis le mois d’août dernier puisqu’ils avaient les championnats d’Europe qui avaient lieu en Turquie au mois d’août. Là encore ils s’entrainent car ils vont partir aux championnats du monde qui se déroulent début juillet à Birmingham en Angleterre. Nos trois joueurs sont Jérôme Courneil, Laurent Blasczak et Bertrand Libman.

Quelles sont vos ambitions pour la saison prochaine ? Où en est le recrutement ?
Nous avons une réunion ce soir (hier soir, ndlr) pour faire un point avec les joueurs. Notre objectif est de garder une équipe compétitive. L’objectif est bien sûr d’aller le plus loin dans toutes les compétitions en reportant le championnat ou la coupe de France. L’ambition c’est de ramener au moins un titre et de faire mieux en coupe d’Europe, de monter d’un cran.

Enfin, un message à faire passer ?
Juste pour dire que le basket handisport est une vraie discipline. Un sport très passionnant. Je ne peux qu’inviter les gens à venir nous voir dès octobre prochain et le début du championnat au gymnase Arnauné pour le voir de leurs propres yeux !

propos recueillis par S.Z.

Une équipe solide à l'avenir prometteur (photo TIC)
Une équipe solide à l'avenir prometteur (photo TIC)


Mercredi 16 Juin 2010